Il avait été le messie, le sauveur toulousain au printemps 2016 alors que le TFC était promis à la Ligue 2. C’était il y a moins de 2 ans et pourtant l’histoire commune entre Pascal Dupraz et le club de la ville rose est déjà terminée. Triste mais prévisible épilogue.

C’est bien connu le football ne verse pas dans le sentimentalisme. Le messie d’un jour peut devenir le maudit du lendemain. Alors que la relégation guette à nouveau les Violets, Olivier Sadran, le président du Toulouse Football Club, a jugé que son entraîneur n’était plus l’homme de la situation pour le sauver à nouveau.
Et le peuple toulousain, prêt à dresser une statue en l’honneur de Dupraz lors de la “remontada” historique, ne s’en est même pas ému. Tant la décision semblait inéluctable et le fossé devenu béant entre les supporters et l’ex-coach.

Le bilan de Dupraz à la tête du TFC n’est pas déshonorant. 20 victoires, 22 nuls et 28 défaites en 70 rencontres ce n’est pas loin d’être un honnête décompte pour un club dénué d’ambitions et habitué à la 2ème partie du classement. Ce qui est marquant en revanche c’est que le coach haut-savoyard a obtenu la moitié de ses victoires (10) lors de ses 19 premiers matches, preuve d’un style, d’une empreinte initialement efficaces, qui se sont progressivement effacés, victimes d’une très rapide usure du temps auprès de ses joueurs mais aussi des suiveurs, supporters ou spécialistes. Tous fatigués par une communication lassante, les trop nombreux combats médiatiques menés, les excuses récurrentes mises sur le compte d’un effectif soit trop jeune soit trop court, ou de tribunes trop spectatrices.
On a adoré le coach Dupraz par ses prises de position si éloignées des standards, mais les propos devenus caricaturaux ont fini par rattraper leur auteur.

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Et surtout le terrain l’a lâché. Le TFC a progressivement perdu ses tauliers Ben Yedder, Didot, Trejo, Braithwaite, et Dupraz a complètement manqué les deux campagnes estivales de mercato pour les remplacer. Toivonen, Jean, Imbula et Sanogo sont pour le moment des flops retentissants. Sur le papier pourtant l’effectif toulousain a de la gueule avec une attaque qui n’a jamais semblé aussi fournie que cette année. Mais la mayonnaise n’a pas pris, et le chef d’orchestre a semblé manquer de savoir-faire tactique pour donner un style de jeu à son équipe et établir un onze type.
Certes ce n’est pas Dupraz qui a manqué des pénaltys cruciaux à l’automne, mais il a semblé rapidement à court d’arguments pour relancer un effectif très vite gagné par le doute. Les défaites se sont succédé et les toulousains ont plongé au classement, obligeant la direction du club à intervenir. Inévitablement pour mettre un terme à une collaboration, si fructueuse au début devenue stérile par la suite.

La fin de l’histoire est triste, mais Pascal Dupraz aura écrit une page joyeuse de l’histoire du TFC, et celle-là nul ne pourra l’effacer.