La finale de la Ligue des Champions opposera le 1er juin prochain Liverpool à Tottenham. Une affiche 100% anglaise, totalement inattendue pour une édition 2018-2019 complètement folle !

Remontadas saison 3

A l’heure de l’impatience, jamais rassasiée, de connaître le nouvel épisode de son énième série préférée diffusée par Netflix et consorts, comment ne pas être accro aux scénarios complètement renversants que nous propose, cette année, la phase finale de la Ligue des Champions ? Depuis deux mois, chaque tour a généré une folle dramaturgie, proposant des dénouements rocambolesques aux frontières de l’imagination et déversant un flot continu d’émotions, d’espoirs déçus en renaissances inespérées.
En huitième de finale ce fut la confrontation entre le PSG et Manchester United au Parc avec le penalty victorieux de Rashford à la 90ème minute concrétisant l’incroyable come-back des Red Devils, battus 2-0 à l’aller à Old Trafford.
En quart Man City et Tottenham (déjà !) nous régalèrent avec un match retour de pure folie qui vit les Bleus de Manchester inscrire leur 5ème but synonyme de qualification à la 93ème minute, avant que celui-ci ne fut invalidé par la VAR…

Enfin les demi-finales viennent de nous offrir des issues déjouant tous les pronostics établis à l’issue des matches aller, voire même à la mi-temps de ces secondes manches ! Comment imaginer que Liverpool parviendrait à remonter 3 buts à un Barça guidé par un Messi royal 6 jours plus tôt ? Comment penser une seule seconde que les joueurs de Tottenham, inoffensifs pendant 135 minutes, battus 1-0 à l’aller et menés de 2 buts à la pause au retour, réussiraient à retourner la situation en à peine 3/4 d’heure sur la pelouse d’Amsterdam ?
Et pourtant Reds et Spurs l’ont fait, réalisant en 24 heures deux nouveaux épisodes de la saison 3 des remontadas ! Ces renversements de situation inimaginables dont le Barça fut le créateur en 2017 aux dépens du PSG et dont il fut, ironie du sort, le héros malheureux ces deux dernières années face à la Roma et face donc à Liverpool !

Ligue des Champions : les Reds de Liverpool ont réussi un incroyable come-back, remontant 3 buts de retard face au FC Barcelone
Photo Liverpool vainqueur de Barcelone (4-0)© Phil Noble/Reuters

“No pain no game”

Aussi incroyables soient elles, les qualifications de Liverpool et par Tottenham ne sont pas le fruit d’un miracle divin ! Elles ont été gagnées au mérite sur le terrain par le biais de prestations d’une très grande intensité, même reconnue par l’illustre Bernard Pivot.

Peut-être inférieur techniquement, le milieu de terrain de Liverpool a compensé par un formidable engagement, à l’image de Jordan Henderson décisif sur le 1er but d’Origi en n’hésitant pas à pousser ses actions jusqu’à la surface de réparation adverse, ou de l’ex-monégasque Fabinho véritable chien de garde de Lionel Messi. C’est ce visage entraînant et énergique qu’a également affiché Tottenham au retour des vestiaires mercredi. Pendant 15 minutes, les Anglais ont joué leur va-tout, privant littéralement les joueurs de l’Ajax de ballon, ce qui leur a permis de revenir au score et de créer les conditions de l’exploit.
A ce niveau de la compétition, pour aller au bout c’est “no pain no game” comme disent ces mêmes Britanniques. Sans dépassement de soi, sans un état d’esprit conquérant, les intentions resteront vaines et les déceptions se succéderont.

Le public du Parc des Princes espère, lui, que ses protégés auront enfin retenu la leçon alors qu’ils avaient été inexplicablement amorphes au retour face à MU. Et il va de même pour la direction du club parisien qui ne pourra pas éternellement se cacher derrière l’absence de Neymar pour justifier les sorties de route européennes alors que les deux équipes anglaises ont réussi à se qualifier pour la finale bien que privées de leurs meilleurs éléments (Salah pour les Reds et Kane pour les Spurs).

Des héros inattendus

Et puis, comme dans tout scénario bien ficelé, il y a à la fin de l’histoire ces héros que l’on n’attendait pas ! Seconds choix, anciens grands espoirs, ce sont devenus les vedettes d’exploits dont les fans des Reds ou des Spurs se remémoreront encore dans 30 ou 40 ans et auxquels ils seront éternellement associés !

Le Belge Divock Origi, ex-grand espoir formé à Lille, avait traversé les trois dernières années dans l’anonymat complet depuis qu’il avait rejoint les rives de la Mersey. Cette saison il n’a ainsi foulé les pelouses anglaises qu’à 11 reprises en Premier League. Et mardi, titulaire en l’absence combinée de Salah et de Firmino, il a inscrit un doublé dont le 4ème but décisif pour la qualification ! Auteur également d’un doublé, son coéquipier néerlandais, Georginio Wijnaldum, avait lui commencé le match retour sur le banc après sa prestation catastrophique à l’aller au Camp Nou !
Côté londonien, c’est l’ex-Parisien Lucas Moura, jadis nouvelle pépite du futebol brésilien, chassé du PSG il y a 18 mois par Unai Emery, qui a signé sa résurrection en inscrivant les 3 buts de la victoire anglaise à Amsterdam. 3 buts du pied gauche pour ce droitier dont on ne saurait dire s’il a déjà marqué du pied gauche en 5 années de Ligue 1….

Les Dieux du football sont vraiment tombés sur la tête cette semaine ! On ne s’en plaindra pas tant les fans de foot ont connu des soirées incroyablement riches en émotions.
Et maintenant on prie tous pour que l’UEFA, vacillant sous le lobby des plus grands clubs européens promoteurs d’une ligue fermée entre amis, ne modifie aucunement cette Ligue des Champions qui n’a besoin d’aucun lifting pour continuer de briller.