Impérial pendant trois mi-temps, le PSG s’est une nouvelle fois liquéfié dans le money time, laissant échapper une qualification qui lui tendait les bras. Décidément associer des grands noms ne bâtit ni une équipe ni une histoire ni une destinée.

La 4ème sortie de route en 8 ans

8 ans après Chelsea, 5 ans après Barcelone, 3 ans après Manchester, le PSG s’est à nouveau écroulé, hier dans l’arène madrilène, dès que la route vers les sommets européens s’est un peu élevée. Coupable des mêmes défaillances mentales sitôt qu’un grain de sable vient enrayer sa sérénité de façade. Face à Manchester, la fébrilité de Buffon avait relancé de jeunes Mancuniens qui n’en demandaient pas tant, hier soir c’est la bourde d’un autre portier transalpin, Gianluigi Donnarumma, qui a redonné un élan à des Merengue copieusement dominés pendant 150 minutes et mis Paris face à ses errements.
Car, malgré son recrutement galactique, le club parisien n’a bâti aucune fondation depuis le départ de Laurent Blanc en 2016, le seul à l’avoir doté d’une identité de jeu.

Depuis, les coachs sont passés, Emery, Tuchel et Pochettino, et n’ont laissé aucune empreinte, écrasés par l’omnipotence de Doha qui ne cesse de hisser les joueurs au dessus de l’institution.
Le casting est certes chaque année alléchant mais faute de directives et de complémentarités le résultat produit est consternant. A l’image d’un Neymar, vedette en perdition de ce dernier quinquennat, les acteurs n’en font qu’à leurs têtes et finissent par sombrer dans la médiocrité du néant collectif. Avec un Messi absent des débats la dernière demi-heure, un Ramos porté disparu depuis son arrivée dans la capitale, un Marquinhos inhabituellement fébrile, le rêve parisien s’est transformé en un énième numéro de la 7ème compagnie perdue au clair de lune.

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Entamer enfin la reconstruction

Comme on le disait quand j’étais môme, les grandes équipes ne meurent jamais et le football a de nouveau confirmé qu’il n’aimait pas les ambitieux arrogants qui empilent les galactiques (le Real de Zidane, Ronaldo, Beckham n’a jamais fait mieux qu’un huitième de finale de C1). Les Parisiens devront penser à un nouveau modèle pour aller conquérir la coupe aux grandes oreilles, une destinée dans laquelle l’institution ne sera plus galvaudée par les divas millionnaires et le terrain enfin délégué aux mains de l’encadrement technique.

Et le pire dans cette histoire c’est que Paris risque d’entamer cette reconstruction sans son unique star, le bondissant Kylian Mbappé, probablement convaincu hier soir que ses aspirations de couronnement européen auront plus de chances de se concrétiser de l’autre côté des Pyrénées, là où l’attend le grand Karim Benzema.