A l’issue d’un match retour disputé dans un Parc des Princes vide mais bordé de milliers de supporters, le PSG a enfin brisé la malédiction des huitièmes de finale en renversant Dortmund (2-0). Retour sur un succès et sur ses hommes forts.

Un 4-4-2 qui tient la route

La désastreuse expérimentation de Thomas Tuchel du 3-4-3 lors du match aller n’a pas eu de suite mercredi soir au Parc, et ce fut salutaire pour les chances de qualification du PSG. Le coach allemand a eu le mérite de ne pas s’entêter et de revenir à une formation en 4-4-2 qui sied à son groupe en terme de pressing et de mise sous pression de l’adversaire à condition que les stars offensives ne rechignent pas à défendre. En plus de l’irréprochable Cavani, Neymar, Di Maria, Sarabia et Mbappé, lorsqu’il est entré en jeu, ont montré l’exemple, en ne facilitant aucune relance des défenseurs jaunes et noirs et en étant rigoureux dans leur repli défensif.
Ils ont entraîné avec eux un bloc parisien hermétique dirigé de main de maître par le capitaine Marquinhos et soutenu par le marathonien Gueye, auteur d’un très grand match dans la lignée de sa performance contre le Real Madrid en ouverture de la campagne européenne.

PSG-Dortmund : en échec au match aller, Thomas Tuchel est revenu avec succès au 4-4-2 pour aller chercher la qualification en quarts de finale
En échec au match aller, Thomas Tuchel est revenu avec succès au 4-4-2 pour aller chercher la qualification en quarts de finale ©Maxppp

Paris a ainsi joué à son aise, en avançant, du moins pendant la première heure de jeu, et a étouffé une équipe de Dortmund bien moins souveraine pour ressortir proprement le ballon qu’au match aller.
L’animation offensive n’a pas été extraordinaire, mais le talent et la vista de Di Maria et de Neymar ont fait la différence à des moments cruciaux pour aller chercher une qualification méritée.

Marquinhos le taulier

Dans sa quête européenne, le PSG a longtemps été en manque de leader, de fédérateur, de boussole lorsque les éléments contraires se profilaient. Ces dernières années, Thiago Silva, son défenseur intrinsèquement le plus brillant, a incarné ce phare défaillant, incapable de rassurer ses troupes et d’éclairer l’horizon en toutes circonstances, jusqu’à même devenir le symbole moqué d’un collectif fébrile lorsqu’il attaquait les premiers lacets des sommets européens.

PSG-Dortmund : Marquinhos, le capitaine parisien, a été l'auteur d'un très grand match et s'est affirmé comme le leader du club de la Capitale
Toute la hargne de Marquinhos, leader affirmé d’un PSG conquérant ©AFP Photo / Getty / UEFA / Alexandre Simoes

Mercredi soir, la performance et l’attitude de patron d’un Marquinhos rayonnant ont contrasté avec son compatriote et ont enfin clos la quête de ce taulier si prisé. L’ancien défenseur de la Roma, le torse bombé, le brassard fièrement accroché à son bras gauche, a parfaitement endossé la responsabilité. Vocalement, physiquement, tactiquement et même malicieusement dans son intervention musclée de chef de meute provoquant l’expulsion de Can en fin de match, il a montré l’exemple et dégagé une sérénité qui a rejailli sur ses coéquipiers. En atteste le match réussi par son compère de la défense centrale, Presnel Kimpembé, qui a dompté le surdoué Haaalnd et a livré probablement sa meilleure prestation depuis le match aller contre le Barça en 2017 ! Paris a véritablement trouvé son patron.

Gueye, le poumon

C’est l’un des membres les plus discrets, les moins people de l’effectif parisien. Mais pas un des moins influents sur le pré vert ! L’international Sénégalais, passé complètement à côté de son rendez-vous à l’aller, a réalisé mercredi un grand match, combinant une dimension physique impressionnante dans les courses (11km parcourus) et les duels à un sens tactique aiguisé dans l’art de déclencher un pressing éreintant pour ses adversaires. Dominante à l’aller, la paire Wetsel-Can a ainsi été continuellement étouffée par l’entrejeu parisien. Et bien préoccupante avant le coup d’envoi, l’absence de Marco Verratti est passée inaperçue, preuve de la remarquable performance de Gana Gueye et de son acolyte Paredes.

Neymar l’exécuteur

Le numéro 10 parisien était attendu au tournant de cette confrontation franco-allemande. Recruté à l’été 2017 pour permettre au PSG d’intégrer enfin la table des Grands d’Europe, l’ancien Barcelonais n’avait pas pu répondre présent aux rendez-vous des saisons précédentes, victimes de blessures à répétition. Les attentes avaient même grandi à l’issue du match aller où Neymar avait peiné à inquiéter la défense du BVB malgré son but.
Et cette fois-ci le Brésilien a bel et bien répondu présent au rendez-vous. Certes, ses 20 premières minutes ont laissé craindre le pire tant le milieu offensif a perdu de ballons et effectué de mauvais choix.

PSG-Dortmund : absent lors des deux dernières éliminations parisiennes, Neymar a été décisif dans la qualification du PSG.
Absent lors des deux dernières éliminations parisiennes, Neymar, buteur au retour comme à l’aller, a été décisif dans la qualification parisienne ©Getty Images

Mais comme par enchantement le magicien est sorti de sa boîte à la demi-heure de jeu et du marquage élastique de Hakimi pour ouvrir la marque d’une belle tête plongeante. Il est ensuite également impliqué sur l’action du second but de Bernat juste avant la pause. Enfin, dans les dernières minutes, son accélération sur le bord de touche a provoqué la faute grossière puis l’expulsion de Can.
Décisif et jamais avare d’efforts pour défendre son coté gauche, Neymar a justifié son rang lors de ce huitième retour. Et les larmes d’émotion lâchées au coup de sifflet final démontrent tout le soulagement d’un jeune homme sur lequel reposaient bien des regards et des responsabilités ces dernières semaines.

Eliminé ces trois dernières saisons en huitième de finales, le PSG retrouve le grand 8 européen. Une délivrance pour tout un club illustrée par la communion après match entre les joueurs parisiens perchés sur les balcons du Parc des Princes et leurs supporters comblés de joie.

Photo Une PSG-Dortmund Neymar ©Getty Images