Le football mondial vient de perdre un de ses plus illustres artistes. Disparu à l’âge de 60 ans, Diego Armando Maradona a marqué les années 80 par son talent sans égal. Un tas de souvenirs de notre enfance enchanté sont aussitôt remontés à la surface. Hommage.

Pour rendre hommage à l’un des plus grands footballeurs que la planète ait connu, j’ai préféré simplement laisser parler les souvenirs que l’enfance nous a légués. Ces images ancrées dans notre mémoire qui nous ont brusquement embué les yeux à la lecture de la mort de Maradona ce mercredi. Deux couleurs sont revenues immédiatement en tête, le ciel et blanc de la sélection Argentine, et le bleu du Napoli.

4 Coupes du Monde et le chef d’œuvre Mexicain

Mes souvenirs de Maradona sont inévitablement liés aux Coupes du Monde.
Diego en a disputées 4. Pour la première en Espagne en 82, la grande star annoncée était passée à côté de l’évènement, ciblée par les défenseurs adverses à l’image du marquage rugueux de l’Italien Gentile tout juste averti pour l’ensemble de son œuvre après 23 fautes commises (!) sur l’espoir de l’Albiceleste.

La deuxième en 86 au Mexique fut l’apothéose de sa carrière. Depuis le Roi Pelé en 70 au Mexique déjà, aucun joueur n’avait dominé autant une compétition mondiale, et plus aucun ne l’a dominé autant après.

Diego Maradona, vainqueur du Mondial 1986 avec la sélection Argentine
Diego Maradona, vainqueur du Mondial 1986 avec la sélection Argentine ©Archivo El Grafico/Getty Images

La Main de Dieu et le But du Siècle

En quarts de finale El Pibe de Oro marqua les deux buts de la victoire argentine face à l’Angleterre dans un match qui dépassa largement le cadre sportif depuis l’affrontement ayant opposé les deux pays aux Malouines. Le premier but sera pour la postérité le but de la Main de Dieu, trois minutes plus tard le second deviendra le chef d’œuvre de sa carrière (el “Gol del Siglo”) à l’issue d’un slalom à travers toute la défense anglaise, comme si Maradona avait dribblé toute l’Angleterre honnie de Thatcher, de long en large, de Newcastle à Southampton.


En demi-finale nouveau récital et nouveau doublé contre les Belges avant le sacre en finale où le soliste se mua en passeur avec une délicieuse ouverture pour offrir au Nantais Burruchaga le but de la victoire face à la RFA.

Une nouvelle finale en Italie et une sortie par la petite porte aux Etats-Unis

Lors de son troisième Mondial disputé en Italie, Maradona mena une faiblarde Argentine en finale, après avoir éliminé la Squadra Azzura à San Paolo, l’antre de Diego le Napolitain. Mais l’Albiceleste trébucha sur la dernière marche contre une Allemagne réunifiée à l’issue d’une vilaine finale et d’un penalty très généreusement accordé au rusé Rudi Völler.

Enfin, Diego quitta sa dernière Coupe du Monde en 94 aux Etats-Unis sur un magnifique but inscrit face à la Grèce et un contrôle antidopage positif, épilogue d’une carrière déclinante depuis son départ de Naples lâché par la Camorra.

La célébration de Maradona après son dernier but en Coupe du Monde
La célébration de Maradona après son dernier but en Coupe du Monde ©AFP

L’icône de Naples

Idole argentine, Maradona devint un Dieu vivant à Naples qu’il rejoint après un passage raté au Barça, déchiqueté par un attentat du joueur de Bilbao Goikoetxea.

2 Scudetti remportés, les 2 seuls de l’histoire de Naples

Arrivé en Messie en Campanie, Maradona va mener le modeste Napoli à deux Scudetti en 1987 et 1990 dans un Calcio qui était alors le championnat le plus relevé d’Europe avec la Juventus de Platini, le Milan AC de Gullit et Van Basten et l’Inter de Matthäus. C’était l’époque bénie des dimanches soirs où on attendait impatiemment les tableaux de résultats de Stade 2 et les premières images tremblantes reçues de la Rai relayant l’ambiance volcanique du Stade San Paulo qui s’embrasait pour saluer les exploits de son numéro 10.
Ces deux titres de champion restent à ce jour les seuls remportés par le club napolitain de son histoire.

Diego Maradona et Michel Platini, adversaires épiques sur les pelouses italiennes dans les années 80
Diego Maradona et Michel Platini, adversaires épiques sur les pelouses italiennes dans les années 80 ©Photo News

Une visite à Toulouse

Jeune supporter du TFC, me reviennent bien entendu en tête la confrontation contre Naples en Coupe UEFA et la qualification toulousaine obtenue dans un Stadium comble à l’issue d’un ultime penalty de Maradona stoppé par le poteau de Philippe Bergeroo. Beto Marcico, idole de jeunesse, avait dominé le maître Diego, magnifique souvenir d’une enfance couvée.
Maradona ne gagnera jamais la C1, mais une Coupe UEFA viendra tout de même garnir son œuvre napolitaine en 1989.

Diego Maradona avec ses compatriotes les Toulousains Alberto Tarantini et Beto Marcico
Diego Maradona avec ses compatriotes les Toulousains Alberto Tarantini et Beto Marcico

Deux vies de 30 ans

Icône de Naples, la carrière de Maradona glissa progressivement à partir de 1990. On pourrait même dire que Diego eut deux vies de 30 ans, la première de 1960 à 1990 l’emmena sur le toit du Monde, la seconde jusqu’aux abîmes les plus profondes miné par son addiction à la drogue, les problèmes de santé et d’argent. Ce n’est pas son plus beau visage qu’il montra alors et ce n’est pas non plus celui que notre esprit devenu adulte gardera.

Les peintures sur les murs de Naples continuent de vénérer Maradona 30 après son départ du Napoli

Parti pour les cieux sur une ultime feinte de corps, le génie argentin nous laisse une œuvre footballistique pour l’éternité comme les peintures sur les murs de Naples qui continuent de le vénérer 30 plus tard. Le football a perdu un des ses joyaux les plus précieux, reposez et dribblez en paix Diego Armando Maradona.